Pourquoi la France a quitté Madagascar ?

La France a quitté Madagascar en 1960, un événement marquant la fin d’une longue période de colonisation débutée à la fin du XIXe siècle. Cette décision n’a pas été un acte isolé, mais s’inscrit dans le contexte plus large de la décolonisation qui a suivi la Seconde Guerre mondiale. La pression internationale croissante pour le respect des droits de l’homme et l’autodétermination des peuples, ainsi que les mouvements de résistance et d’indépendance au sein même de Madagascar, ont joué un rôle crucial dans cette transition.

Découverte et Premières Colonisations

La rencontre historique entre Madagascar et la France débute au XVIe siècle. Cette île, d’une superficie de 587 000 Km², plus grande que la France métropolitaine, attire l’attention des explorateurs européens. Les Français, via la Compagnie de l’Orient, établissent en 1642 une colonie à Fort-Dauphin, au sud-ouest de l’île. Cependant, l’adversité rencontrée, notamment sous le gouvernement de l’amiral Jacob Blanquet de La Haye, mène à des soulèvements et un massacre des colons français, marquant un premier échec significatif dans l’histoire coloniale française.

L’Ère des Rois Malgaches et l’Influence Étrangère

Le XVIIIe siècle est une période de transformation profonde pour Madagascar. Avec l’émergence du Royaume réunifié de l’Imerina sous Andrianampoinimerina, l’île voit naître des structures étatiques centralisées. Son fils, Radama Ier, surnommé Le Conquérant, étend le royaume avec le soutien de la Grande-Bretagne. Sa politique visionnaire inclut l’adoption de l’alphabet latin et l’éducation de milliers de Malgaches, posant les jalons d’un État moderne.

La Colonisation Française et Ses Répercussions

La fin du XIXe siècle est marquée par une intensification des ambitions coloniales françaises. En 1895, le général Duchesne impose un traité de protectorat à la reine malgache, avant que la France ne décide d’annexer entièrement le pays l’année suivante. Sous le commandement du général Gallieni, la France étend son emprise sur les régions échappant à la monarchie malgache, recourant à des méthodes brutales qui causent la mort de dizaines de milliers de personnes. L’abolition de l’esclavage en 1896 est suivie par l’instauration d’un système de travail forcé presque aussi oppressif, soulignant la dure réalité du colonialisme.

Une Colonisation « Civilisatrice » au Dépens des Populations

Malgré les prétentions de la mission « civilisatrice » française, la réalité est tout autre. Les infrastructures comme les écoles, routes, et ports, sont construites au prix d’une exploitation inhumaine des travailleurs malgaches. La révolte de 1947 contre l’autorité française, sévèrement réprimée, fait environ 89 000 victimes, témoignant de la résistance malgache face à l’oppression coloniale.

Vers l’Indépendance et Au-delà

L’après-Seconde Guerre mondiale voit s’amplifier les aspirations à l’indépendance. En 1960, Madagascar accède enfin à la souveraineté nationale. Cette indépendance, cependant, s’accompagne de nombreux accords de coopération avec la France, illustrant la complexité des relations post-coloniales.

Madagascar Aujourd’hui

Au XXIe siècle, Madagascar continue de relever les défis de son passé colonial tout en cultivant des relations avec la France. Les deux nations collaborent dans divers domaines, témoignant d’une relation qui, malgré ses origines tumultueuses, s’est transformée en un partenariat constructif.

Conclusion

Cette plongée dans l’histoire franco-malgache révèle un récit de conquête, de résistance et d’évolution. La compréhension de ce passé permet non seulement de saisir la complexité des relations actuelles entre les deux pays, mais aussi de reconnaître la résilience et l’esprit indomptable du peuple malgache. Un héritage qui continue d’influencer les dynamiques contemporaines.

 

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