Le gouvernement de Madagascar a connu un remaniement significatif avec la formation du cabinet Rajaonarivelo le 28 octobre 2025, marquant une rupture dans le paysage politique malgache. Dirigé par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo sous l’autorité du président de la Refondation Michaël Randrianirina, ce gouvernement rassemble 29 ministres issus d’horizons variés. Cette nouvelle équipe gouvernementale incarne les promesses de reconstruction de l’État malgache sur les fondations de la justice, l’intégrité, la responsabilité et la transparence. Cependant, la composition de ce gouvernement suscite des interrogations quant à sa capacité à répondre aux attentes de changement exprimées par la population, notamment les générations urbaines.
Chronologie politique récente et contexte de transition
Madagascar traverse une période de transition politique depuis la destitution d’Andry Rajoelina. Cette rupture institucionnelle a ouvert la voie à un processus de refondation conduit par le président Michaël Randrianirina, élu pour diriger cette phase transitoire. Le gouvernement Rajaonarivelo s’inscrit dans cette dynamique de reconstruction institutionnelle, avec pour mission de rétablir la confiance dans les institutions publiques malgaches.
La période de transition marque un tournant majeur dans l’histoire politique récente de Madagascar. Après plusieurs crises politiques successives, le pays cherche à redéfinir les fondements de sa gouvernance et sa légitimité démocratique.

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Composition du gouvernement : 29 ministres et structure de l’exécutif
Le nouveau gouvernement du Madagascar compte 29 membres répartis dans différents portefeuilles ministériels. Cette composition reflète une stratégie délibérée d’inclusion de multiples acteurs institutionnels, civils et militaires, afin de construire un consensus de façade autour du projet de refondation.
Répartition des portefeuilles ministériels
Les 29 ministres du gouvernement Rajaonarivelo couvrent les domaines stratégiques suivants :
- Gouvernance et affaires institutionnelles
- Économie et finances publiques
- Sécurité, défense et ordre public
- Santé et bien-être social
- Éducation et formation professionnelle
- Infrastructure et développement territorial
- Justice et état de droit
- Environnement et développement durable
- Commerce et industrie
- Fonction publique et modernisation administrative
Cette structure vise à couvrir l’ensemble des domaines d’action publique, bien que l’efficacité de cette approche reste à démontrer sur le terrain.
Présence civile et militaire
La composition du gouvernement Rajaonarivelo mêle délibérément civils, militaires et paramilitaires. Cette mixité institutionnelle répond à la réalité politique malgache, où l’armée joue un rôle institutionnel de stabilisation, notamment après les crises récentes. Cependant, cette présence militaire suscite des débats sur l’indépendance réelle du gouvernement civil et sur le contrôle démocratique des processus décisionnels.

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Qui est Herintsalama Rajaonarivelo, Premier ministre ?
Herintsalama Rajaonarivelo a été désigné Premier ministre à la tête du nouveau gouvernement le 28 octobre 2025. Sa nomination s’inscrit dans la stratégie de transition du président Michaël Randrianirina visant à identifier une figure capable de transcender les clivages politiques malgaches.
Parcours et profil institutionnel
Le Premier ministre Rajaonarivelo provient des milieux de la fonction publique et de la gestion institutionnelle. Son nomination répond à un besoin de stabilité administrative et de crédibilité institutionnelle face aux défis de reconstruction de l’État malgache. Cependant, peu d’informations détaillées sur son agenda politique spécifique ont été diffusées publiquement, ce qui alimente les incertitudes sur les orientations réelles du gouvernement.
Responsabilités et autorité
En tant que Premier ministre sous un régime semi-présidentiel, Rajaonarivelo dispose d’une autorité exécutive partagée avec le président de la Refondation. Cette cohabitation institutionnelle constitue un point d’équilibre fragile, où les conflits de légitimité peuvent rapidement émerger.

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Objectifs de la refondation de l’État malgache
La Primature du gouvernement Rajaonarivelo définit son projet de refondation autour de cinq piliers fondamentaux : Source: Primature de Madagascar
Les cinq piliers de la reconstruction institutionnelle
Ces objectifs visent théoriquement à reconstruire la confiance dans les institutions malgaches en remettant l’État au service de l’intérêt public plutôt que des intérêts catégorisés ou oligarchiques.
Défis politiques et perception publique du nouveau gouvernement
La déception de la Génération Z et urbaine
Malgré les promesses de rupture, le gouvernement Rajaonarivelo a rapidement suscité des critiques dans les milieux urbains malgaches. Les réseaux sociaux et médias locaux rapportent une déception particulièrement marquée chez la Génération Z, qui voyait dans la transition une occasion de renouvellement radical des élites.
Les principales sources de mécontentement incluent :
- L’absence de représentation explicite des mouvements de jeunesse dans la composition gouvernementale
- Le maintien de structures administratives héritées de régimes précédents
- Le manque de clarté sur les calendriers de mise en œuvre des réformes annoncées
- L’incapacité perçue à rompre avec les logiques de patronage politique traditionnel

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Tensions et fragmentation politique
La composition du gouvernement révèle des tensions implicites entre coalitions rivales. Le mélange de civils et de militaires, d’anciennes et nouvelles figures politiques, crée un équilibre institutionnel précaire où chaque groupe conserve des vetos potentiels sur les décisions majeures.
Les principaux points de fracture identifiés :
- Opposition entre la vision réformatrice portée par les civils progressistes et l’orientation conservatrice des militaires
- Méfiance vis-à-vis des anciens alliés du régime Rajoelina au sein de la nouvelle équipe
- Absence de consensus sur les priorités budgétaires en contexte de ressources publiques limitées
- Flou sur le rôle réel du président de la Refondation versus celui du Premier ministre
République et régime politique : clarifications institutionnelles
Le régime semi-présidentiel malgache (Constitution 1992/2010)
Madagascar fonctionne sous un régime semi-présidentiel encadré par la Constitution de 1992, révisée en 2010. Ce système combine un président élu au suffrage universel et un gouvernement sous direction d’un Premier ministre, tous deux disposant de vrais pouvoirs.
Architecture institutionnelle actuelle
- Président de la Refondation (autorité transitoire) : Michaël Randrianirina
- Premier ministre (chef de gouvernement) : Herintsalama Rajaonarivelo
- Assemblée Nationale (163 sièges) : législature monocamérale
- Sénat : rétabli en 2023 après suspension depuis 2018
La présence d’une présidence de transition crée un doublage institutionnel temporaire visant à assurer la légalité des changements de gouvernement durant la période transitoire.

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Indépendance de Madagascar envers la France
Madagascar est une nation indépendante depuis 1960 et membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA/UA). Bien que l’île partage l’usage du français comme langue officielle et qu’elle conserve des liens culturels et commerciaux historiques avec la France, elle jouit d’une totale souveraineté politique et juridique depuis son indépendance.
La présence française se limite à des relations diplomatiques normales, à quelques investissements commerciaux, et à une coopération technique dans certains domaines (défense, éducation). Aucune tutelle coloniale ou post-coloniale ne subsiste institutionnellement.
Évolutions et changements gouvernementaux récents
Du gouvernement Ntsay V au gouvernement Rajaonarivelo
Le gouvernement Ntsay V, qui a précédé l’administration Rajaonarivelo, a exercé ses fonctions du 22 août 2024 au 29 septembre 2025. Ce gouvernement représentait une étape antérieure du régime Rajoelina et a été remplacé lors de la transition politique.
Le passage du gouvernement Ntsay au gouvernement Rajaonarivelo marque une rupture délibérée avec la continuité administrative précédente. Cependant, plusieurs ministères ont vu leur direction maintenue, notamment dans les domaines de la défense et de l’administration générale, reflétant la nécessité de préserver une continuité institutionnelle minimale.
Cycles politiques malgaches et instabilité chronique
L’histoire institutionnelle malgache depuis 1992 est marquée par des cycles récurrents de crises politiques :
- 2002 : crise post-électorale débouchant sur un gouvernement de transition
- 2009-2013 : période de transition suite au coup d’État de 2009
- 2014-2018 : tentative de retour à la normalité électorale
- 2023 : élection présidentielle confirmant Rajoelina
- 2025 : nouvelle transition politique menant au gouvernement Rajaonarivelo
Cette succession rapide d’équipes gouvernementales complexifie la mise en œuvre de politiques publiques à long terme et alimentent la fatigue civique chez les citoyens.

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Nominations marquantes et recompositions ministérielles
Certaines nominations au sein du gouvernement Rajaonarivelo ont retenu l’attention des observateurs politiques en raison de leur symbolique ou de leur impact sectoriel :
- Ministère de la Justice : allocation d’une importance stratégique pour la lutte contre l’impunité politique
- Ministère de l’Économie et des Finances : responsabilité cruciale face aux défis macro-économiques (inflation, chômage)
- Ministère de la Fonction Publique : réforme administrative perçue comme centrale pour la modernisation de l’État
- Ministère de l’Intérieur : contrôle de l’ordre public et des processus électoraux futurs
Ces portefeuilles clés concentrent les enjeux majeurs de la refondation, mais aussi les risques de dysfonctionnement si les ministres en place ne disposent pas des ressources et de l’autonomie nécessaires.
Perspectives et horizon politique 2026-2027
Le gouvernement Rajaonarivelo doit naviguer entre plusieurs horizons politiques incertains :
- Calendrier constitutionnel : durée de la période de transition (originellement prévue jusqu’en 2026 ou 2027)
- Élections générales : retour à un régime entièrement démocratique et formation d’un gouvernement issu du scrutin
- Pression socio-politique : gestion des attentes de changement et des frustrations de la population
- Contexte macro-économique : dépendance vis-à-vis de l’aide internationale et des conditions du FMI/Banque Mondiale
La viabilité politique du gouvernement Rajaonarivelo dépendra largement de sa capacité à produire des résultats concrets sur le terrain dans les domaines clés (emploi, santé, éducation, sécurité) plutôt que de simples promesses institutionnelles.
Questions fréquentes
Quelle est la situation politique actuelle à Madagascar ?
Madagascar connaît une période de transition politique depuis la destitution d'Andry Rajoelina. Le gouvernement Rajaonarivelo, formé le 28 octobre 2025, rassemble 29 ministres sous direction de Herintsalama Rajaonarivelo, avec pour objectif de refondre l'État sur les bases de la justice, l'intégrité et la bonne gouvernance. La situation reste fragile, avec des tensions entre civils et militaires, et une déception observable chez la Génération Z urbaine.
Qui dirige le gouvernement de Madagascar actuellement ?
Le gouvernement malgache est actuellement dirigé par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo, nommé le 28 octobre 2025. Il opère sous l'autorité du président de la Refondation Michaël Randrianirina. Ce régime semi-présidentiel partagé caractérise la période transitoire que traverse Madagascar.
Est-ce que Madagascar appartient toujours à la France ?
Non, Madagascar est une nation indépendante depuis 1960. Elle jouit d'une totale souveraineté politique et juridique. Bien qu'elle conserve des liens linguistiques et culturels historiques avec la France, Madagascar ne subit aucune tutelle coloniale ou post-coloniale. Elle est membre de l'Union Africaine et participe pleinement au système international en tant qu'État souverain.
Quel est le régime politique en vigueur à Madagascar ?
Madagascar fonctionne sous un régime semi-présidentiel encadré par la Constitution de 1992, révisée en 2010. Ce régime combine un chef d'État élu au suffrage universel et un gouvernement dirigé par un Premier ministre, tous deux disposant de véritables pouvoirs exécutifs. Pendant la période de transition actuelle, le pays bénéficie d'un président de la Refondation assurant la légalité des changements institutionnels.
Quels sont les objectifs du gouvernement Rajaonarivelo ?
Le gouvernement Rajaonarivelo s'est fixé cinq piliers de refondation : justice (lutte contre l'impunité), intégrité (combat contre la corruption), responsabilité (redevabilité des décideurs), transparence (accès à l'information gouvernementale), et bonne gouvernance (professionnalisation administrative). Ces objectifs visent à reconstruire la confiance dans les institutions malgaches.
Pourquoi la population malgache est-elle déçue par le nouveau gouvernement ?
Plusieurs facteurs expliquent la déception, notamment chez la Génération Z urbaine : absence de représentation explicite des mouvements de jeunesse, maintien de structures administratives anciennes, manque de clarté sur les calendriers de réforme, et continuité perçue des logiques de patronage politique. Les promesses de rupture radicale ne se sont pas concrétisées dans la composition gouvernementale.
Combien de ministres composent le gouvernement de Madagascar ?
Le gouvernement Rajaonarivelo rassemble 29 ministres répartis dans les domaines stratégiques : gouvernance, économie, sécurité, santé, éducation, infrastructure, justice, environnement, commerce et fonction publique. Cette composition reflète une stratégie d'inclusion de multiples acteurs civils, militaires et paramilitaires.
Comment Madagascar se positionne-t-elle régionalement en termes de gouvernance ?
Madagascar fait face à des défis de stabilité institutionnelle plus aigus que ses voisins comme Maurice ou les Comores. Ses cycles répétés de crises politiques (2002, 2009, 2013, 2025) contrastent avec la stabilité relative de la région. La dépendance envers l'aide étrangère et les conditions du FMI/Banque Mondiale influencent fortement la trajectoire politique malgache, même si théoriquement le pays jouit d'une pleine souveraineté.